Des soins de supports ?

La prise en charge d’un cancer ne s’arrête pas au traitement de la seule maladie. Les « soins de support » sont définis comme l’ensemble des soins et soutiens nécessaires aux personnes tout au long de leur maladie. Ils se font en association avec les traitements spécifiques.

Les soins de support proposent une approche globale et visent à assurer la meilleure qualité de vie possible pour les personnes sur le plan physique, psychologique et social. Ils prennent en compte la diversité des besoins et font partie intégrante de la prise en charge et ne sont ni secondaires, ni optionnels. Ce ne sont pas des soins dit de confort.

Le sport, la pratique d’activité physique : soins de support non médicamenteux ?

En sortant de l’annonce, et dès les premiers traitements du cancer du sein, la femme est comme une sportive blessée :

      • Elle doit lutter contre l’endolorissement de la région du thorax et de l’épaule après la chirurgie en réalisant des mouvements adaptés.
      • Elle doit aussi récupérer des muscles que la chimiothérapie fait fondre (on perd 25 % de ceux des membres inférieurs) en choisissant des activités musclantes (vélo pour les jambes, rameur pour tout le corps, etc. ).
      • Enfin, une gym assouplissante (s’étirer au quotidien) lui permettra de réduire les raideurs articulaires générales provoquées par l’hormonothérapie et la chimiothérapie.
        Pour se motiver, on sait aussi qu’un exercice régulier d’endurance (marche nordique, vélo, rameur ou natation) en aérobie (il faut pouvoir parler et presque chanter) pratiqué au moins 30 minutes par jour réduit les récidives d’au moins 30 %.

Pourquoi éviter la fonte de la masse musculaire ?

Sans activité physique, le processus de perte débute par la fonte des fibres rapides du muscle, puis on arrive à un moment où l’on va plus loin. La fonte musculaire est telle que le patient est plus fragile. Le rapport de l’INSERM de 2019 montre que, dans le cancer du sein, la masse musculaire est indispensable pour l’efficacité des traitements. C’est pour cela qu’il est important de pratiquer une activité physique modérée et de façon régulière qui stimule les filières de développement de la masse musculaire.

Dans le cadre du traitement du cancer du sein, nous recherchons des impacts sur le muscle.

      • Le travail musculaire tend à valoriser l’hypertrophie sarcoplasmique et un travail d’endurance, qui vont épuiser les réserves en glycogène (énergie du muscle) afin qu’elles soient resynthétisées en plus grande quantité contribuant au développement de la musculature.
      • Le travail d’endurance musculaire correspond à la faculté de l’organisme à maintenir une intensité donnée en fonction du temps.

Le sport facteur d’amélioration des capacités cardiorespiratoires ?

      • L’amélioration des capacités cardiorespiratoires a été́ montrée lorsque le programme d’AP est initié au début de la chimiothérapie, des la fin des traitements, ou à distance de ceux-ci.
      • Les programmes d’intensité́ modérée et élevée ont permis d’obtenir des résultats positifs. Il y a un effet de l’intensité́ des exercices sur l’augmentation des capacités cardiorespiratoires et leur maintien dans le temps.

La pratique d’une activité physique régulière précoce, adaptée et continue améliore la qualité de vie et de la perception de l’état de forme physique ?

      • Lutte contre l’anxiété, le stress.
      • Baisse de 25% de la sensation de fatigue par une amélioration du sommeil, lutte contre le déconditionnement, l’isolement.
      • Diminue les effets des traitements sur le muscles et les capacités respiratoires (ci-dessus).
      • Favorise la représentation sociale, on est moins perçu comme malade.
      • Diminue les facteurs favorisant de la douleur.
      • Diminution de 34% du risque de mortalité.

Les fondamentaux d’une pratique sportive efficace si on la place comme un soin de support ?

Une mise en place précoce d’une ou plusieurs activités physiques qui plaisent :
– Pour un effet plus important sur la masse musculaire et baisser le pourcentage de masse grasse. Les résultats sont meilleurs si celle-ci est réalisée avant et après le traitement.
– Les programmes de sport combiné (incluant des exercices d’endurance + de renforcement musculaire) sont les plus efficaces sur le gain de masse musculaire et la diminution de la masse grasse.

Important d’assurer une continuité de la pratique :
– Votre activité physique (AP) doit être commencée pendant le traitement du cancer du sein, avec un programme d’AP combinant endurance et renforcement musculaire, et doit être poursuivie après la fin du traitement. Pour certaines personnes, c’est un véritable changement de comportement et il ne faut pas hésiter à demander de l’aide.

Ne pas hésiter à adapter votre pratique en fonction de votre état de forme :
– Il y a différents professionnels qui peuvent vous accompagner, vous informer, vous orienter allant des kinésithérapeutes aux coachs sportifs en passant par des animateurs, des professionnels d’AP adaptée.
– L’évolution des suites opératoires nécessite une adaptation, votre première reprise d’activité débute souvent par de la rééducation de l’épaule pour évoluer progressivement vers une prise en charge plus globale.
– L’adaptation de votre pratique sportive au sein du réseau Diane peut se faire avec un encadrement de des professionnels du sport informés qui vous aiderons à être plus autonome et à développer une motivation à une pratique régulière.

En cas de doutes, de questions, ne pas hésiter à demander un bilan de vos aptitudes physiques pour vous orienter et répondre à vos questions
1. Par vos médecins qui établiront un certificat d’aptitude à la pratique du sport en levant les interdictions ou drapeaux rouges (Anémie, risque pour la cicatrice, fatigue importante…).
2. Par les kinésithérapeutes qui prolongeront le bilan de votre médecin au travers du bilan de vos aptitudes fonctionnelles/sportives et ceux-ci pourront soit valoriser une collaboration kinésithérapeute/préparateur physique – coach sportif pour débuter votre pratique ou vous aider dans l’orientation de votre pratique sportive par le choix des activités.

Quels sports pour quels effets thérapeutiques ?

Important, aller vers celui que vous avez envie de faire et si vous avez des facteurs limitant se rapprocher notamment d’un kinésithérapeute qui pourra vous aider à adapter votre pratique avec le soutien d’un professionnel du sport. Le plaisir de faire est important pour l’efficacité recherchée.

Essayer de pratiquer un sport ou d’en associer plusieurs afin de développer les qualités musculaires, cardio respiratoires et lutter contre l’ostéoporose.

      • Exemple le yoga, le Pilate vont vous permettre d’améliorer votre souplesse, de lutter contre votre stress mais l’impact sur le développement de la masse musculaire sera limité ainsi que sur les aptitudes cardio-vasculaires.
      • Ne pas hésiter dans cet exemple de faire de la marche et pourquoi pas de la préparation physique ou musculation.
      • Pour la posologie ou une programmation, rapprochez vous d’un des kinésithérapeute du réseau. Une très bonne activité, globale : le rameur.

Mais parfois nous pourrons, en fonction du bilan, vous proposer une prise en charge interdisciplinaire temporaire pour pouvoir solliciter les filières musculaires et cardio respiratoire efficacement. On parlera alors de pratique de préparation physique (PP), outil thérapeutique complémentaire à la kinésithérapie ?

Michel PRADET 1996 la définit comme “l’ensemble organisé et hiérarchisé des procédures d’entraînement qui visent au développement et à l’utilisation des qualités physiques du sportif. Elle doit apparaître de façon permanente aux différents niveaux de l’entraînement sportif et se mettre au service des aspects technico-tactiques prioritaires de l’activité pratiquée”
Il ne faut pas en avoir peur, c’est un véritable outil à la santé. Tout comme des sportifs de haut niveau, les patientes ont des soins avant ou après les séances dans le souci d’optimiser le suivi, la personnalisation et l’adaptation des protocoles thérapeutiques. La relation étroite entre les kiné et les préparateurs physiques permet aux patientes de supporter la charge de travail nécessaire à la mise en jeu des effets thérapeutiques de la PP sans se blesser.

Le masseur kinésithérapeute par le toucher, par le massage peut rapidement et facilement analyser, évaluer les effets de vos séances sur votre organisme.
De plus les effets physiologiques du massage sur la peau, le système musculo-squelettique, la circulation, la douleur, l’anxiété et le stress, le système cardio-respiratoire sont bien connus. Avant la PP, Il est utilisé pour échauffer, préparer le corps à se mouvoir ; notamment en augmentant la perméabilité des capillaires provoquant une vasodilatation locale qui améliore la vascularisation pour apporter de l’oxygène au tissu. Le muscle, dans sa composante élastique, peut être comparé à de la pâte à modeler : on va lutter contre les contractures, l’adhérence des fibres aux fascias, relâcher les fibres musculaires, qui vont ensuite se remodeler, se reconstruire lors du travail musculaire.
Le massage pré-sport est avant tout un moment de diagnostic via la main du kinésithérapeute, qui lui permettra de donner des indications au coach sportif qui pourra d’autant mieux personnaliser la séance de préparation physique. Quand il est réalisé après, le massage favorise le retour au calme et permet au kinésithérapeute d’apprécier si la séance de préparation physique n’a pas été trop difficile.

Existe t il une prise en charge ?

Même si le sport peut être prescrit depuis la loi du 31 mars 2017, il n’existe pas à ce jour de remboursement.

Toutefois certaines mutuelles commencent à prendre en charge tout ou partie mais c’est au cas par cas. Il faut les interroger à ce sujet et il vous faudra pour cela une prescription de sport réalisée par votre médecin avec le nombre de séance. Demandez-lui d’inscrire sur l’ordonnance la durée (minimum 3 mois) et le rythme de 2 séances par semaine, ainsi que les objectifs que sont l’amélioration cardio vasculaire et le renforcement musculaire.

Au sein du réseau, les centres affiliés proposent des séances, sur la base d’un bilan, en moyenne à 13€ par séance.
Il n’y a pas d’abonnement pour permettre une adaptation des pratiques. On paye juste les séances réalisées.
Certaines prises en charge peuvent nécessiter un travail individuel. Ces séances individuelles coutent en moyenne 30€ par séance.

Les centres affiliés « sport santé » pour le réseau DIANE sont :

HUMANPHYSIO
15 bis avenue Jean Jaurès
30900 Nîmes Tel 04 66 36 68 95
http://www.humanphysio.com

Cabinet Vezinet
10 rue Chemin neuf
30250 Aubais
https://www.cabkinevezinet.com/